La digue et les marées
- Dominique

- 23 avr.
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Au bord de l’océan vivait un vieux village,
Protégé des tempêtes par un solide ouvrage.
Chaque jour, des rochers, veillait un guetteur vif,
Scrutant l’onde agitée de son regard craintif.
Quand la vague avançait, il criait : « Au péril ! »
Et quand l’eau reculait : « Dormez, tout est tranquille ! »
Ainsi, de cri en cri, d’alerte en accalmie,
Il trouble les esprits plus qu’il ne les unit.
Mais non loin de la digue œuvrait un artisan,
Un sage au pas discret, patient comme le temps.
Il ne voyait des flots ni l’élan ni la fuite,
Il observait la pierre, et sa lente défaite.
Chaque semaine, il sentait sous ses doigts attentifs
La rugosité fuir, joints devenus chétifs.
La mer, sans grand fracas, gagnait pouce après pouce,
Et la digue pliait sous sa poussée farouche.
Un soir, il dit au peuple : « Écoutez ma raison :
La menace est ici, dans l’usure du fronton.
Ce n’est point la marée, qui monte et qui s’efface,
Mais la pierre qui cède à petit feu sa place.
Si nous tardons encore, la mer franchira tout.
Renforçons dès ce soir ce rempart à genoux. »
Le village comprit, et dans un bel élan,
Il réhaussa la digue, avant le coup de vent.
Quand la tempête vint, hurlant comme une armée,
La digue raffermie, tint contre la marée.
Qui ne voit que l’écume ignore la profondeur :
Les dangers véritables avancent sans clameur.
🪶 D’Ominq




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